fleche

édito 2017 > rouvrir les possibles

Nous avons de la chance.
Ou plutôt nous mesurons notre chance, aujourd’hui plus que jamais.
La chance de vivre sur un territoire qui n’a pas cédé au repli.
La chance que nos enfants puissent aller à l’école, et que l’école puisse les emmener au théâtre découvrir  les artistes.
La chance que ces artistes de la région, d’Europe et du monde puissent jouer, répéter leurs créations, rencontrer les publics.
La chance que ces artistes puissent avoir les moyens suffisants et l’écoute quotidienne pour tenter les aventures les plus audacieuses, inédites, généreuses, sans compromis, en suivant le désir secret à l’œuvre dans l’acte créatif.
La chance pour les publics de découvrir le meilleur de la création d’aujourd’hui sans faire 300 kilomètres ou habiter une capitale, car ici aussi nous avons le droit au meilleur.
La chance pour ces publics de pouvoir accéder à la culture à la hauteur de leurs moyens financiers.
La chance pour ces publics éloignés, qui n’osent pas franchir la porte du théâtre, de participer à des ateliers, des aventures artistiques, des projets en décentralisation sur l’ensemble du territoire métropolitain.
La chance de partager cet engagement avec des partenaires culturels, sociaux, économiques, éducatifs, sans qui
toute initiative sonnerait creux, alors qu’elle peut, grâce à leur bienveillance, résonner fort.
Pourquoi avons-nous cette chance ? Pourquoi la France est cette nation où l’exception culturelle est un modèle pour le monde entier ? Pourquoi Valenciennes demeure-t-elle « l’Athènes du Nord » ? Pourquoi un pôle européen de création ici ?

L’autre nom de la chance, c’est l’intelligence collective.
C’est la croyance en l’Homme, en sa capacité d’émancipation.
C’est la croyance que, face aux aléas historiques les plus rudes, il faut redoubler d’efforts.
C’est la croyance en l’art, son génie, son mystère et sa fragilité.
L’autre nom de la chance, c’est une volonté partagée, une volonté politique.
C’est une ouverture, un dépassement des clivages, l’ADN de notre territoire. Et ce n’est pas nouveau.
L’autre nom de la chance, c’est cette alchimie où le tout est plus important que la somme des parties.
Où la culture de l’altérité est plus importante que l’identité de la  communauté.

Mesurons notre chance, ici, maintenant. Allons au théâtre.

Bonne saison !

Romaric Daurier,
directeur du phénix scène nationale pôle européen de création et l’équipe du phénix

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