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Jeanne Lazar : « la liberté d’être soi. »

« J’ai voulu faire du théâtre tôt dès la fin du collège. J’étais une ado. C’était consolatoire, la liberté.» Jeanne Lazar vient de Franche-Comté. Là où il n’y avait pas grand-chose à faire, l’imagination et la créativité ont pu prendre le dessus.

La mise en scène ? Cela a été un peu par hasard, un désir enfoui qui s’est exprimé parce qu’on l’a encouragée à l’Ecole du Nord. Elle s’est alors prise au jeu.
« Je n’osais pas par moi-même, je l’ai fait parce que l’on m’a donné le droit. »

« Ce que j’aime : écrire pour les acteurs. Les amener là où je les ai imaginés. Leur permettre d’être encore plus fous. »
Sa passion : mettre en scène des fantasmes, que la littérature puisse s’incarner. « Je ne pourrais pas faire un projet qui ne m’empêche pas de dormir la nuit. »

Avec le diptyque Jamais je ne vieillirai, Jeanne Lazar s’intéresse à des écrivains transgressifs qui ont bouleversé sa perception du monde. D’un côté, Guillaume Dustan, énarque séropositif invitant à faire exploser les cadres, de l’autre, Nelly Arcan, échappant aux profils attendus des auteurs avec son passé d’escort girl. Ils ne se connaissaient pas mais tous deux ont fait l’objet de scandales médiatiques en abordant le sexe, le corps, la peur du vieillissement, la question du genre. Au milieu, Jeanne Lazar joue la journaliste. Elle réinvestit les outils de la télévision pour réparer ses dégâts et partager la force de la littérature. « Les émissions, tout en étant pour certaines vulgaires et caricaturales, s’adonnent plutôt à la provocation facile et convenue tout en étant enfermées dans un carcan politiquement correct : on n’aborde pas la baise sans préservatif, on ne peut pas être écrivain et prostitué. » En remettant les mots au centre, la metteure en scène met à distance les images sulfureuses des deux écrivains, les extrait de leur statut de victimes des médias. Elles leur redonne le pouvoir.

Dans sa prochaine création Vie de voyou, elle s’intéresse encore à une figure médiatique aux multiples facettes :  Rédoine Faïd, braqueur et évadé héroïque, qui a fait le récit de ses aventures sur les plateaux de télévision. Les paroles des journalistes qui narrent les faits, en font interprétations et commentaires, deviennent plus puissantes que la réalité.

Jeanne Lazar interroge la parole de soi au milieu des autres, le rapport au groupe : peut-on tout dire en public ? Et en filigrane : la question de la liberté.

Le diptyque Jamais je ne vieillirai de Jeanne Lazar (première partie : Guillaume, Jean-Luc, Laurent et la journaliste et deuxième partie :  Nelly) sera programmé dans la saison 20/21 du phénix

Sa création pour grand plateau, Vie de voyou,  sera répétée et créée au phénix en octobre 2021. En partenariat avec FRAGMENT(S), festival de théâtre qui permet à douze compagnies d’y dévoiler une première étape de travail dans des lieux engagés auprès de la jeune création.

TELECHARGER LE DOSSIER « VIE DE VOYOU »

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