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L’édito 2019 – Fabriquer des communs

Quelle saison ! Historique à un titre : après 20 ans d’existence et 7 mois de travaux, le phénix va ouvrir ses portes à nouveau dans un magnifique bâtiment rénové, un parvis et des extérieurs remodelés, des espaces d’accueil repensés en un véritable foyer, cœur battant du théâtre. Pour la partie scénique, les efforts réalisés sur l’acoustique et les sièges renforceront douillettement le confort des spectateurs. Je souhaite ici remercier en premier lieu Valenciennes Métropole qui a pris à bras-le-corps cet ambitieux chantier, avec le soutien significatif du Ministère de la Culture et de la Communication, de la Région Hauts-de-France et du Département du Nord. Depuis que le phénix à été déclaré d’intérêt communautaire en 2016, notre capacité d’action a été considérablement renforcée. Ce chantier mené par l’architecte Pierre Touzot/Sakariba en complicité avec les équipes du phénix et les nombreuses entreprises intervenantes en est la concrétisation.

Dans ce magnifique écrin rénové, nous allons approfondir notre projet que je tenterai de résumer ici en un mot : penser global et agir local.

La belle aventure du pôle européen se développe pour que Valenciennes et la Région Hauts-de-France deviennent des terres de création. Les artistes associés et créateurs émergents circulent en France et dans le monde, leurs démarches étayées par un accompagnement à tous les niveaux mais aussi un réseau pilote de coopérations internationales. C’est penser global.

La programmation de la scène nationale articule une diffusion pour tous les publics et des actions de médiation pour ceux qui sont le plus éloignés, géographiquement et culturellement. Les nombreuses actions hors-les-murs et une médiation inventive, faisant appel à l’épanouissement sensible des publics, tissent solidement une action territoriale. C’est agir local.

Face à la fragmentation sociale qui guette, contre la séparation, l’essentiel repose à mes yeux dans la synthèse, la réunion des contraires : soutenir un artiste d’envergure européenne en résidence dans un territoire délaissé, permettre à un élève de donner une forme sensible à sa colère dans un atelier, donner à voir le meilleur à ceux qui ne croient plus avoir le droit, ni la légitimité, d’accéder à la culture.

Rien ne nous empêche aujourd’hui, ici, à Valenciennes, d’inventer de nouveaux modèles, de tenter des expériences, d’innover dans le rapport au service public. Les limites sont celles de notre imagination et de notre enthousiasme partagé. De notre désir d’être ensemble.

C’est cette fabrique de communs que nous aimerions vivre avec vous.

Romaric Daurier et l’équipe du phénix

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