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Noëmie Ksicova : « de l’intime à l’universel »

« Le théâtre a été une évidence pour moi. » Formée à l’INSAS à Bruxelles comme comédienne, son besoin de s’exprimer s’est peu à peu imposé comme une nécessité.  D’abord dans des performances, des installations vidéo, puis dans un travail de texte et de conception. Une approche globale et transversale pour mettre en mouvement la musique, les images, les lumières, les comédiens.

Son point de départ, c’est l’intime.
« Le moyen pour moi de toucher l’universel. Plus je pars d’une nécessité de partager, plus je touche tout le monde. »

Son obsession : la trace.
« J’ai beaucoup de mal avec les choses qui n’existent plus pour toujours. »

Après Rapture qui abordait le besoin viscéral de revivre un moment clé à jamais disparu, Noëmie Ksicova s’attaque au  deuxième volet de son triptyque « Garder vivant » : Loss. Avec beaucoup de pudeur et de manière lumineuse, Noëmie Ksicova donne à voir une famille, des proches, après le suicide d’un adolescent. Comment retourne-t-on à la vie après un deuil ? Comment peut-on vivre avec l’absence, la perte quand une civilisation évacue le plus vite possible ces sujets ?  Dans d’autres cultures, on vit avec les morts. Et Noëmie de convoquer une approche plus tribale, une forme de rituel libératoire dans un petit appartement parisien.

Pas de mélodrame mais un chemin vers l’apaisement. Tout est en délicatesse : « les émotions les plus fortes, on ne les dicte pas. »  Ses personnages répondent au besoin impérieux d’aller jusqu’au bout de leur ressenti. Pour les porter, Noëmie choisit avant tout des personnalités. A l’instinct. Les adolescents de la pièce sont interprétés par trois jeunes de la région Hauts-de-France qu’elle a rencontrés et sélectionnés en vue de son projet. « Le monde de l’adolescence me passionne. On n’est plus un enfant mais pas encore un adulte. Les sentiments ne sont pas encore oppressés. » Les comédiens sont au centre de l’écriture finale. « Aucun d’entre eux n’est remplaçable. J’écris avec les corps au plateau et leur rythmique. Le texte est transformé  à l’épreuve du plateau par la langue, très concrète, de ceux qui l’interprètent.  Je travaille collectivement : tout le monde parle, débat, échange. » Même si c’est elle qui tranche. Pour celle qui a commencé par des études de violon, la justesse se trouve dans la musique d’une langue, sa rythmique. On doit pouvoir fermer ses yeux et se laisser embarquer.

en résidence au phénix à partir du 17 février
CRÉATION Loss mar 3 et mer 4 mars l 19h
dans le cadre du cabaret de curiosités et du campus Amiens Valenciennes pôles européens de création

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